25.6.13

Hellfest 2013, reporting et vidéos, jour 3

Après deux journées épiques et une très courte nuit, difficile de sortir de sa tente. Pourtant, le dernier jour de cette édition 2013 a valu son pesant de cacahuètes. Si le soleil a joué à cache cache avec la pluie, le gros son, lui, s’est montré présent.
La journée sous la Valley a bien commencé avec Truckfighters, rival de Red Fang (passé la veille) pour la place de meilleur groupe stoner du moment.
Prenez un groupe des années 1970, transporté le sur la scène du Hellfest,  et vous obtiendrez sûrement Graveyard. Cette révélation heavy rock 70’s pousse le côté vintage jusqu’au moindre détail. Bluffant. Plus tard dans la journée, remplaçant Clutch au pied lever, Down avait promis, la veille, un set spécial. La bande à Phil Anselmo a servi le public qui attendait des reprises de Pantera. Accompagnés de Kate (la copine de Phil) ou de Jason Newsted, les Américains ont finalement enchaîné les raretés de Down quelques titres d’Eyehategod, Corosion Of Confirmity, tout en finissant le set par le mythique refrain de Walk. Pas de raison d’être déçu de ce show unique. 
Pas besoin d’être une légion pour faire du boucan. C’est ce qu’a prouvé à merveille le duo Inquisition, sous la Temple. Son black thrash a décrassé les oreilles avec un feeling hors pair. Côté Altar, Napalm Death a évidemment géré le spectacle (après un petit featuring de Barney avec Volbeat sur la Mainstage pour « s’échauffer »). Qu’attendre d’autres des Anglais que du lourd, du direct, du grind ?
Ambiance punk sur la Warzone, évidemment. Fini le skate punk américain, place aux classiques. The Decline a d’ailleurs très bien annoncé la couleur. Entre country à la Johnny Cash et bon keupon à la Social Distorsion, les quatre Bretons ont su y faire. Les suivants ont pourtant encore élevé le niveau. Difficile de faire mieux que la crème de la crème de la scène française. Le Bal des Enragés réunit pas moins que des membres de Tagada Jones, Lofofora, Black Bomb A, La Phaze ou encore Parabellum dans un joyeux bordel sur scène. Souvent à deux batteries, trois guitares, des danseurs et des scies circulaires, le barnum reprend les classiques du rock. Et il fait très bon entendre Rancid, Metallica, Rammstein, ou encore Trust repris par des types avec le sourire aux lèvres.
L’après-midi, les veilles gloires du punk anglais se sont enchaînés dans toute la variété que peut offrir cette scène : de la oi ! Avec les Cockney Rejects (à se croire dans un stade de foot), les Buzzcocks (les inventeurs de la pop punk ont foutu des frissons à plus d’un) et le punk rock désinvolte des Toy Dolls. Le trio (dont le bassiste est immobilisé sur une chaise à cause d’une vilaine entorse) a rappelé qui était le patron dans le fun. NOFX, passé par la même scène la veille, sait à qui s’adresser.
Changement d’ambiance sitôt la nuit tombée. On passe d’une vision d’apocalypse avec la pyrotechnie de Punish Yourself à la techno-punk d’Atari Teenage Riot. Une boîte de nuit énervée en plein air.
Le détour par les mainstages a été plus que nécessaire pour comprendre l’ampleur de la programmation du Hellfest. Par exemple : Prong. Ils ont beau être trois, les New-Yorkais ont fait explosé la mainstage. Ce groupe qui mélange habilement thrash et punk s’en est donné à cœur joie, avec un grand sourire aux lèvres. De l’autre côté, la bête de scène Danko Jones a pris ses quartiers comme s’il était chez lui. Le costaud et ses deux acolytes en sont à leur troisième Hellfest, et c’est toujours avec le même plaisir. Les Canadiens ont balancé moins de tubes qu’à leur habitude, mais ont su défendre leur dernier album de la plus belle des manières. Vivement leur quatrième passage.
Inutile de dire que Newsted était attendu au tournant. L’ancien bassiste de Metallica a un seul objectif, revenir sur le devant de la scène metal. Autant dire qu’avec des prestations comme celles-ci, c’est un retour gagnant. Autre comeback après trois ans d’absence à Clisson, Corey Taylor. Le leader de Slipknot a sorti sa plus belle voix claire avec Stone Sour. Son projet solo vaut le détour, tant il est agréable de voir que le tatoué excelle aussi bien dans la violence que dans la douceur. Et quand le sourire est là, on est comblé.
Headliner du soir, les danois de Volbeat ont chaussé leurs gants de fer pour assommer Clisson de ses riffs terriblement efficaces et sa rythmique Rock’N Roll. Une ambiance que Johnny Cash aurait adoré où se mélangent rock’n roll des 50’s à un Rock/Metal moderne. Normal quand on a comme nouveau guitariste Rob Caggiano transfuge d'Anthrax ! … Au final, Volbeat a montré qu’il n’avait rien a envier a ses aînés et qu’ils savent exactement comment se mettre le public des mainstages dans la poche !
La scène metal française s’est faite entendre. The Arrs en ouverture, mais surtout Mass Hysteria. Les légendes incontestées ont rendu le public fou : discours positifs, riffs lourds. Point d’orgue, Mouss et ses deux guitaristes au milieu d’un circle pit. Ceux qui ont eu la chance de le voir s’en souviendront longtemps. Une barre placée haut, que Gojira a rejoint aisément. Les Landais étaient attendus au tournant. Le groupe français qui s’exporte le mieux dans le monde a livré une prestation impeccable. Leur « mur de la mort » a parlé de lui-même : un record au Hellfest, des metalheads face à face depuis la régie jusqu’à la scène. Impressionnant. Normal, ce sont les meilleurs.
L’inversion de dernière minute entre Ghost et Danzig n’a semblé déranger personne. Sous une Valley pleine à craquer, l’ancien leader des Misfits a livré ses propres titres, jusqu’à ce que Doyle le rejoigne. Qui ça ? Rien d’autre que le guitariste originel du groupe de punk 80’s. Teint blafard, mèche rabaissée en pique sur le visage, le Misfit, accompagné de Danzig, ont donné une belle couleur oldschool à cette dernière soirée du Hellfest. Des reprises de Last Caress, Astro Zombies, Die Die My Darling, le bonheur.
Du coup, Ghost a eu le privilège de clore cette belle édition 2013 du Hellfest. Le groupe a vraiment gagné à passer sur la grande scène, tant son univers visuel et théâtral – certes statique – est impressionnant. Les Suédois ont en outre ce côté metal pour plaire aux plus énervés, avec cet indéniable côté pop pour satisfaire le grand public. Tandis que Swan nous faisait passer dans une nouvelle dimension musicale et dont vous pourrez voir le resultat très bientôt sur notre site pour les habituelles « Series Lives ».
Le Hellfest 2013 referme doucement ses portes, le retour à la réalité sera sans aucun doute aussi brutal que la musique de certains groupes participant cette année, mais aucun doute que de nouveaux (très) bons souvenirs se sont gravés dans les 112 000 mémoires présentes cette année.

Source : Hellfest.fr


Atari Teenage Riot, live Hellfest 2013



Newsted, Whiplash (Metallica cover)



Voivod, Voivod avec Jason Newsted



Gojira, Backbone



Volbeat, Evelyne with Barney (Napalm Death)