5.11.11

Warbringer, Worlds Torn Asunder décortiqué

Une chose est sûre, Warbringer n’a pas inventé la musique qu’il produit. Les membres de la formation ont été précédés par les géniteurs du thrash metal des 80’s. Et le troisième album de Warbringer, « Worlds Torn Asunder » occasionne de nombreux rapprochements avec les têtes d’affiche de cette époque. Par ici, un riff de Testament, là, quelques accords propres à Exodus, ailleurs des rythmiques bien senties inspirées par Metallica et, surtout, une bonne grosse dose de férocité à la Slayer. C’est ainsi que l’on obtient le cocktail thrash détonnant mis au point par Warbringer. Pour ce disque, le groupe a tout de même fait des efforts pour élargir son spectre musical et proposer un son mitonné aux petits oignons. John Laux, le guitariste explique : « Le fait d’explorer différentes dynamiques avec notre musique nous a conduit à un jeu plus mature au sein de ce courant métallique auquel nous appartenons. Je suis très fier du niveau auquel nous sommes arrivés depuis nos débuts et comment notre évolution en tant que musiciens se reflète à travers cet album. » Et le guitariste chevelu de poursuivre sur la collaboration avec le producteur Steve Evetts (The Dillinger Escape Plan, Symphony X, Sepultura) : « Nous voulions travailler avec une personne qui avait une expérience en dehors de la sphère « modern metal ». Steve n’avait pas peur de nous pousser hors de nos limites et c’était vraiment super d’avoir quelqu’un avec un tel background derrière nous. » Pour parler plus précisément du contenu de cet album, sur « Future Ages Gone », on se croirait chez Metallica quand, soudain, Warbringer lui colle la tête de Slayer avec des riffs d’une sauvagerie extrême. Il y a également quelques beaux duels de manches comme sur « Treacherous Tongue ». Parfois, une guitare acoustique fait son apparition, « Echoes From The Void », mais un déluge de feu s’abat immédiatement sur l’auditeur qui croyait profiter d’un instant de répit. Il faudra attendre le break pour souffler un peu. Mais, après tout, on n’est pas là pour se reposer sur ses lauriers. La véritable phase d’accalmis générale arrive sur « Behind The Veils Of Night » où guitare acoustique et piano assurent le repos du guerrier avant la mise à mort finale que constitue « Demonic Ecstasy ». Dommage que le chant de John Kevill soit parfois un trop identique d’un morceau à un autre. Mais, celui–ci compense par une attention toute particulière accordée à l’écriture des paroles : « Sur cet album, j’ai fait attention à ce qu’aucun des textes ne parlent deux fois du même sujet. J’ai essayé d’adapter le thème de chaque chanson au feeling de chaque morceau », précise le chanteur. « Il y a beaucoup de sujets présents sur « Worlds Torn Asunder » : la technologie d’aujourd’hui, le retour à l’ordre naturel, les goulags d’Union Soviétique et quelques chansons sur la facette « maléfique » du heavy metal . Souvent, mes paroles vont de la rage à l’exultation. » Pas de doute, c’est la description exacte des sentiments que provoquent ce nouveau Warbringer.

Texte : Dead Zone
Photo : Neil Visel

Warbringer, « Worlds Torn Asunder » (Century Media/EMI)
Sortie le 26 septembre 2011

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