20.11.11

Riot, Immortal Soul : élixir de jeunesse

Pour parler franchement, on n’avait pas repris de nouvelles de Riot depuis la sortie de « The Privilege Of Power » en 1990. Aujourd’hui, « Immortal Soul » remet en selle une partie de l’équipe qui a fait le succès de l’incontournable « Thundersteel » (1988) et du disque sus-cité. Il faut dire que, tel le phénix, Riot est un groupe basé sur le principe de la résurrection depuis sa création à New York, en 1975, par le guitariste Mark Reale. C’est en 2008 que l’équipe de « Thundersteel »/« The Privilege Of Power » s’est à nouveau réunie pour une tournée dans différents pays avant que Tony Moore ne puisse poursuivre l’aventure pour raisons professionnelles. Une fois, sa situation arrangée, il a pu à nouveau rejoindre Riot qui sort aujourd’hui l’une de ses meilleures réalisations. Le bassiste, Don Van Stavern, précise : « « Immortal Soul » reprend les choses là où « Thundersteel » les avait laissées il y a 20 ans ! On retrouve la même intensité, la même créativité et la passion que nous mettons dans notre musique. » Il est vrai que le titre éponyme d’ouverture, « Riot », donne vraiment l’impression que la formation est morte de faim après toutes ces années passées à ronger son frein. Mike Flyntz (guitare) explique enthousiaste : « Je joue les chansons de « Thundersteel » depuis plus de 21 ans. C’est un honneur pour moi que d’avoir participé à l’écriture et à l’enregistrement d’ «Immortal Soul » avec Tony, Don, Bobby et Mark. Je suis très fier de cette collaboration avec des musiciens qui m’inspirent vraiment. J’espère que tout le monde aimera l’album autant que moi je l’aime. » Même le stakhanoviste de la batterie, Bobby Jarzombek, concède que cette collaboration avait une saveur particulière : « Cet album est particulier pour moi quand je regarde tous les projets auxquels j’ai participé. Je n’avais jamais été aussi impliqué, depuis le premier jour de l’écriture jusqu’au dernier jour du mixage. J’ai vraiment hâte de voir ce que cela va donner sur scène entre ces morceaux et les classiques du groupe. » Et puis la grande histoire de Riot, c’est celle de la formation avec ses chanteurs (défunts), de Guy Speranza (« Fire Down Under » en 81) à Rhett Forrester (« Restless Breed » en 82). Le fondateur Mark Reale : « Pour moi, ma collaboration avec chacun de nos chanteurs a été décisive lors de nos réalisations. Il a eu une vraie émulation entre Tony et moi quand je me suis rendu compte qu’il traduisait brillamment mes différentes idées. Ses suggestions ont également beaucoup aidé à la qualité des chansons. Je trouve que c’est tout simplement le parfait frontman pour Riot ! » Et Tony Moore de rajouter : « Internet nous a permis de réaliser à quel point « Thundersteel » et « The Privilege Of Power » avaient une place particulière dans l’histoire du metal. C’est ce qui nous a permis de reprendre contact. « Immortal Soul » est 100% le résultat de cet héritage des années 80. Il est également évident que, depuis cette époque, nous avons grandi en tant qu’artiste. Cet album a été enregistré dans 5 studios et 3 villes différentes, c’est vraiment le produit des changements importants qu’il y a eu dans l’industrie du disque au cours de ces 20 dernières années. » Il serait incongru de bouder son plaisir tant ces 12 titres réunis sont des tubes en puissance : « Crawling », « Still Your Man », « Fall Before Me », « Insanity », « Believe ». Difficile de trouver une faille dans un opus qui combine parfaitement énergie et mélodie, comme a toujours su le faire avec brio Riot au cours des 30 dernières décennies. Au final, on se dit que Tony (l’auteur) aurait juste pu faire un petit effort sur l’artwork car on a connu mieux que ça (« The Privilege Of Power ») ou pire (« Narita »).

Laurent Gilot
Photo : DR

Riot, Immortal Soul (Steamhammer/SPV)
Sortie le 31 octobre 2011

Riot, Immortal Soul, video audio