20.10.10

Forbidden, Omega Wave : la déferlante

« Cet album, c’est vraiment nous » explique Graig Locicero, le guitariste en chef à propos de « Omega Wave », la nouvelle livraison du quintette thrash de San Francisco. On se souvient encore, non sans une certaine nostalgie, du temps (1988) où nous consacrions une page de notre fanzine à ce groupe californien qui avait laissé une forte impression à l’écoute de son premier opus : « Forbidden Evil » (nom original de la formation de San Francisco). Puis les albums et les line-up se sont succédés et, depuis 2007, le combo se sent à nouveau pousser des ailes. « Nous sommes tous excités à propos de ce nouvel album », avoue Russ Anderson, le hurleur de service. « Tous les musiciens ont travaillés très durs et, maintenant, nous voulons le partager avec nos fans et nos amis ! » Le plus surprenant sur « Omega Wave » est le travail de Russ. A l’écoute de « Adapt Or Die » ou « Immortal Wounds », certaines personnes peuvent même penser qu’il y trois chanteurs sur ce disque… Craig précise : « Non, en fait, Russ peut travailler dans plusieurs registres. Il avait beaucoup de choses à prouver lors de cet enregistrement. Quand nous avons décidé de nous réunir à nouveau, nous avons joué dans de gros festivals en Europe et Russ n’était pas vraiment préparé… Il n’avait pas chanté depuis presque 12 ans ! Beaucoup de gens disaient qu’il ne pourrait plus assurer cette fonction au sein du groupe. Il y avait donc un gros challenge à relever pour lui sur « Omega Wave ». Nous l’avons beaucoup encouragé à donner de sa personne. Ce nouvel effort place Russ parmi les meilleurs chanteurs du genre. » Forbidden s’est donné à 100% pour combiner 30 années de rock brutal dans son thrash intemporel. Et puis ce come-back est motivé par une vraie envie et un déclic : « En fait, lorsque nous nous sommes à nouveau réuni en 2007, notre seul but était de tourner. Nous ne pensions pas enregistrer un nouveau disque et revenir sur le devant de la scène metal. De mon côté, je joue dans un groupe de hard rock classique et je ne pensais pas rempiler un jour avec Forbidden. Lorsque j’ai vu le film « Get Thrash » avec Paul (Bostaph), qui a joué de la batterie avec nous, Slayer, Exodus et Testament, il m’a dit qu’il fallait que je m’y remette. L’ambiance de ce film m’a fait repenser à cette époque et j’étais, en quelque sorte, nostalgique. Il y a beaucoup de choses que l’on ne retrouve pas aujourd’hui dans les jeunes groupes comme cette forme de hargne qui nous animait. Cette énergie venait de la scène punk et de groupes comme Black Flag. Puis, nous avons voulu que Paul soit de l’aventure mais cela n’a pas été possible par rapport à ses engagements avec Testament. En 2008, on pensait que cela n’irait pas plus loin. Et aujourd’hui nous revoilà avec un disque ! » Autre particularité de cet album, le travail à distance avec le second guitariste, Steve Smyth, qui vit à Londres : « En fait, nous avons pas mal parlé via Skype. Je lui ai montré tous les riffs, les harmonies afin qu’il soit prêt le jour de l’enregistrement. Tout ça grâce à Hank Sherman (ex-Mercyful Fate) qui m’a converti à l’utilisation de Skype.» Et Craig de révéler la vraie nature de sa vocation qui est devenue celle d’une vie et l’expression d’une certaine philosophie : « Pour moi, jouer du thrash metal doit venir du plus profond de toi. C’est quelque chose d’honnête et ça doit le rester sinon ce ne serait pas la peine de s’impliquer à nouveau dans ce groupe. » Et on veut bien le croire tant Forbidden n’a jamais autant brillé, tel un diamant brut dont la valeur ne demande qu’à être découverte tout au long de ce « Omega Wave » d’anthologie.

Laurent Gilot
Photos : Rudy De Doncker - Metal-experience.com

Forbidden, Omega Wave (Nuclear Blast/Pias)
Sortie le 22 octobre 2010

www.myspace.com/forbiddenofficial

Forbidden, Omega Wave, official video