14.7.10

Nevermore, The Obsidian Conspiracy, interview vérité

Les quatre de Seattle sont de retour avec un disque qui fait feu de tout bois : « The Obsidian Conspiracy ». Produit en compagnie de Peter Wichers, le guitariste de Soilwork, ce septième opus tient toutes les promesses que laissent entrevoir une très belle pochette. Le chanteur, Warrel Dane, a bien voulu se prêter au jeu des questions-réponses.

Avec la sortie de « Refuge Denied » en 1988, je suis devenu fan de ton premier groupe Sanctuary. Comment vois-tu aujourd'hui l’évolution de ta carrière de chanteur suite à la formation de Nevermore en 1991 ?
Warrel Dane : Quand nous avons formé Nevermore, nous avons fait fabriquer des T-shirts avec le slogan : « Sanctuary Nevermore » (rires). En fait, Nevermore ne ressemble pas du tout à la musique de Sanctuary. Ce qu’il y a de drôle aujourd’hui c’est que l’on pense reformer Sanctuary avec le guitariste, Lenny Rutiedge, et nous allons peut-être jouer dans des festivals. Mais, rien n’est vraiment arrêté à ce niveau-là. Je sais juste que l’on va enregistrer un nouveau disque. Il est en train d’écrire des morceaux qui sonnent comme nos premiers albums. C’est assez excitant comme projet mais Nevermore reste ma priorité.

Pourquoi avez-vous eu envie de réaliser un DVD, « The Year Of The Voyager », en 2008 ?
En fait, on voulait continuer à entretenir la flamme entre deux albums. L’accueil a été plutôt bon. Beaucoup de gens nous ont accusé d’avoir refait les parties en studio ce qui n’est absolument pas vrai. Le parties live ont été jouées telles qu’elles et c’est ce que l’on peut entendre sur le disque. Par exemple, il y a deux ou trois chansons où j’ai oublié les paroles et nous n’avons pas voulu les retoucher. En fait, ce DVD est une parfaite représentation de ce qu’est le groupe sur scène. Tout est complètement réel.

C’est le genre de remarques que tu n’aurais jamais eu dans les années 80 car, aujourd’hui, c’est beaucoup plus facile d’avoir un son parfait avec l’informatique…
C’est vrai que c’est facile mais ce n’est pas quelque chose que nous avons fait pour ce DVD. Même avec le nouveau disque, j’ai refusé d’utiliser un logiciel autotune pour les parties vocales. Je me suis beaucoup entrainé afin de faire en sorte que chaque note que je chantais corresponde parfaitement à la tonalité des instruments. Je crois que c’est la solution de facilité pour les groupes d’abuser des nouvelles technologies d’enregistrement. Les gens oublient les basiques de la musique, le fait que ça doit être avant tout une passion, quelque chose d’intense et de réel.

A ce propos, est-ce que les sessions pour ce nouvel album étaient « intenses » ?
En fait, c’est différent à chaque fois. Il est vrai que c’est toujours une expérience intense si tu es un musicien qui attache beaucoup d’importance aux chansons. Il faut vraiment être passionné au moment où tu t’engages dans un processus créatif.

Comment s'est organisé l'enregistrement de « The Obsidian Conspiracy » ?
En fait, nous avons enregistré les parties de batterie dans notre studio à Seattle. Ce dernier est situé dans une banlieue du nom de Richmond Beach, proche de l’endroit où j’ai grandi en tant qu’enfant. C’est très près de la mer avec une vue incroyable. Une fois les batteries enregistrées, nous sommes allés en Caroline du Nord puis à Nashville pour finaliser le reste de l’album. J’adore vraiment cette ville, c’est un peu comme Hollywood avec tous ces gens qui portent des chapeaux de cow-boy à chaque coin de rue. On a travaillé avec Andy Gibson, qui bosse avec Hank Williams III, sur la captation des guitares et avec Bob Way, un ami de Seattle qui nous a beaucoup aidé pour les parties vocales.

Le fait d’enregistrer dans trois endroits différents n’est-il pas quelque chose de gênant pour la cohérence d’un album ?
En fait, c’est une bonne chose car cela te stimule. Le fait de travailler avec différentes personnes a donné un feeling particulier à cet album. Sinon, nous nous sommes attachés les services d’un ami de longue date : Peter Wichers. J’avais déjà bossé avec lui sur mon album solo, « Praises To The War Machine ». Je voulais absolument que l’on travaille avec lui sur ce disque et je n’ai pas eu à convaincre qui que ce soit dans le groupe pour qu’il soit le producteur de « The Obsidian Conspiracy ».

Et pour la partie mixage avec Andy Sneap…
Andy est incroyable. Comme il est lui-même guitariste, il sait exactement comment ces parties-là doivent sonner sur un disque. C’est un ami de longue date et on lui fait totalement confiance.

Autre phase importante dans la conception de ce disque : le graphisme avec Travis Smith. De quelle façon s’est organisée votre collaboration ?
En fait, nous étions sans cesse en contact et je lui parlais du concept global. Je trouve que c’est nécessaire que les paroles se reflètent d'une manière ou d'une autre dans l’artwork final. Pour « The Obsidian Conspiracy », cela colle à merveille.

On retrouve un teaser de l’album sur Youtube, est-ce que ce type de média est important pour vous car cela n’existait pas à la fin des 80’s ?
En fait, j’ai d’autres préoccupations (rires). C’est toujours étrange de voir des gens commenter l’album avant même sa sortie mais on ne peut pas stopper ce phénomène. Chacun à son opinion et je n’y attache pas plus d’importance que ça.

Y-a-t-il un concept autour de « The Obsidian Conspiracy » ?
Ce n’est pas un album conceptuel mais il y a des thèmes récurrents qui reviennent dans mes paroles et qui tournent autour du suicide, des meurtres, de la peine de mort et de l’avortement. Je ne prends pas position pour dire si je suis pour ou si je suis contre mais ça m’intéresse d’en parler. Après, c’est aux auditeurs de se faire leur propre opinion et décider si c’est bien ou mal. Je ne sais pas pourquoi ces thèmes me sont venus à l’esprit mais c’est le résultat final du processus d’écriture.

Néanmoins, peux-tu nous dire quelle est ta position sur un titre comme « The Termination Proclamation » qui parle de la peine de mort ?
Personnellement, je ne trouve pas ça juste. Aux Etats-Unis, ça arrive tous les jours et ça ne me plaît pas. Mais, je ne dis pas ça d’une manière explicite à travers mes paroles, c’est juste mon opinion personnelle. Je sais que beaucoup de gens en Europe donc d’accord sur ce point.

D’où vient l’inspiration d’un titre comme « Your Poison Throne » ?
Je ne sais pas si je devrais le dire mais cette chanson parle de quelqu’un que je connais personnellement. En fait, j’utilise souvent les expériences que j’ai traversées pour écrire des chansons autour. J’ai toujours procédé de la sorte car il faut que les choses aient l’air réalistes… Puis, parfois, il y a des histoires qu’on ne devrait pas utiliser (rires).

Et une chanson comme « Maiden Spoke » ?
Celle-ci est facile à décrire (rires). Lors de l’enregistrement de notre album précédent, nous logions dans la maison d’Andy Sneap, en Angleterre, dans une partie attenante qui a été construite au 17ème siècle. Après y avoir séjourné quelque temps, je suis persuadé que celle-ci était hantée. J’en ai parlé avec sa mère et sa copine et elles m’ont toutes deux raconté des histoires étranges qui corroboraient mes impressions. Par exemple, la mère d’Andy m’a dit que tu peux parfois entendre au milieu de la nuit la chaise grincer dans la cuisine, comme si quelqu’un se balançait. La première fois que je l’ai entendue, je me suis dit que quelqu’un me faisait une blague. Je me suis précipité dans les escaliers et je me suis rendu compte qu’il n’y avait personne dans la cuisine. J’ai essayé de me rendormir et le bruit s’est à nouveau fait entendre...

Peux-tu nous parler de « The Blue Marble And The New Soul » ?
L’inspiration m’est venue d’un ami très proche qui venait d’avoir un enfant. J’ai fait la connaissance de celui-ci à l’âge de 3 mois et j’ai décidé d’écrire des paroles sur cette rencontre. En fait, ce morceau est une manière de lui dire : « bienvenue dans ce monde de taré » (rires).

Quelle va être la prochaine étape pour Nevermore ?
On va tourner le plus longtemps possible. Nevermore reste ma priorité même si nous allons enregistrer un nouveau disque de Sanctuary. Ce qui m’a donné envie de refaire un disque avec Lenny est le fait qu’il a écrit de très bons morceaux qu’il serait dommage de ne jamais publier. Après plusieurs années sans se voir, suite à la séparation de Sanctuary, nous sommes redevenus des amis. Il s’était retiré de la musique mais j’ai souvent insisté sur le fait qu’il était talentueux et qu’il devait continuer à composer. Enfin, pour l’instant, la priorité est notre tournée en Amérique du Nord pour la sortie de ce nouvel album !

Propos recueillis par Laurent Gilot
Photos : DR

Nevermore, The Obsidian Conspiracy (Century Media/EMI)
Sortie le 28 mai 2010

www.myspace.com/nevermorefans


Nevermore, Emptiness Unobstructed, video