3.6.10

Sabaton, Coat Of Arms, interview exclusive

Dans la famille du power metal mélodique, les suédois de Sabaton occupent une place de choix. Et ce n’est pas avec le sixième album, « Coat Of Arms », qui nous obligera à revoir notre jugement. Le quintette a mis les bouchés double pour proposer un disque haut en couleurs qui brandit fièrement l’étendard du heavy metal. Joaquim Brodén nous en dit plus sur ce nouvel épisode discographique.

Quel était ton background musical avant de rejoindre le groupe ?
Joaquim Brodén : Avant d’intégrer Sabaton, je n’avais jamais chanté. En fait, j’ai joué de l’orgue à l’église pendant presque 10 ans. En 1999, j’ai appris que Sabaton avait besoin de joueur de claviers et je me suis donc proposé. Ils m’ont demandé de jouer des morceaux tout en chantant la mélodie. Finalement, ils ont décidé de me prendre également comme chanteur en attendant de trouver mieux. Je continue aujourd’hui à chanter pour eux donc je crois qu’ils sont un peu fainéants (rires).

Peut-être que tu les as finalement convaincu ?
Oh, non, je n’y crois pas ! (rires).

Est-ce que vous avez pu mesurer l’impact qu’a eu votre dernier album en date « The Art Of War » ?
En fait, beaucoup de gens nous ont découvert à travers celui-ci. Le fait de lui donner une suite était donc quelque chose de très difficile pour nous. Il est vrai que suite à la sortie de « The Art Of War », nous avons dû donner plus d’une centaine de concerts un peu partout avec Hammerfall ou DragonForce. Comme la plupart des paroles de ce disque parlaient de guerre, nous avons été amené à jouer sur un vrai champ de bataille en Pologne, 70 ans après les évènements. Une reconstitution de cette bataille contre les Allemands pendant la seconde guerre mondiale avait été mise en place et c’était vraiment très impressionnant à voir.

Peut-on dire que c’est une sorte d’obsession chez vous que d’écrire à propos des guerres ?
Oui, c’est le cas ! (Rires). En fait, je suis un véritable passionné d’histoire même si mon professeur d’histoire pourrait dire le contraire (rires). En fait, pour nous, ce genre de sujet a vraiment du sens, il permet d’exprimer des émotions à propos d’évènements réels. On préfère écrire là-dessus plutôt que sur des sujets du style « allons boire une bière » ou « chevauchons des dragons ».

Comment s’est déroulée la tournée qui a suivi la sortie de « The Art Of War » ?
Elle a durée presque 2 ans et, à la fin, nous étions naturellement fatigués. Mais, nous sommes toujours contents de nous produire sur scène. En tournée, nous n’avons jamais vraiment la nostalgie de notre chez nous, nous acceptons plutôt bien notre état de « musiciens itinérants ».

Votre nouvel opus, « Coat Of Arms », a-t-il été composé principalement sur la route ?
En fait, nous avons surtout travaillé sur la composition de ce disque pendant nos moments de repos, à la maison. Tout a commencé à décembre 2008 puis en janvier de l’année d’après, nous avons enregistré les parties de batterie aux studios Abyss (Suède). Par la suite, nous avons récupéré les enregistrements pour travailler sur les compositions dans notre propre studio. Puis les parties de guitare, de basse et les vocaux ont été mises en place dans un studio à Leipzig (Allemagne). Généralement, lorsque l’on entre en studio, 90% des morceaux sont déjà en place. On laisse peu de place à l’improvisation. Il y a donc très peu de chance pour que l’on arrive à faire 130 prises d’une partie de guitare (rires).

Est-ce qu’il y a une thématique particulière derrière cet album ?
Sur ce disque, nous avons décidé de développer des sujets autour de la seconde guerre mondiale. Mis à part le dernier morceau de l’album, tous les titres traitent de ce sujet…

Est-ce que c’est difficile de trouver les bons mots pour écrire une chanson comme « Final Solution » qui parle de l’extermination des juifs par les nazis ?
Oui. C’était la première fois que l’on a fait très attention à la façon dont on devait traiter un sujet comme celui-ci. C’est une chanson pleine d’émotions et, en même temps, un des sujets les plus importants de la seconde guerre mondiale. Il était impossible pour nous de ne pas l’aborder.

Est-ce que cela demande beaucoup de documentations pour écrire sur des sujets comme ceux-là ?
Il est vrai qu’il y a toujours plusieurs versions des guerres selon le camp dans lequel tu te trouves. Pour la bataille de Leningrad, par exemple, que l’on soit du côté Russe ou Allemand, les versions et les faits rapportés diffèrent. C’est toujours très difficile de choisir le bon point de vue. D’un autre côté, c’est pour ça que l’on écrit sur des guerres qui ont eu lieu depuis un moment. Souvent, on peut s’appuyer sur des points de vues d’historiens qui sont au plus près de la réalité, proche de ce qui s’est réellement passé.

Peux-tu nous parler des choeurs classiques que l’on peut entendre sur l’album ?
Pour les chœurs de femme, c’est une collaboration avec la mère, la tante et quelques amies de notre batteur, Daniel. Quant au chœur d’hommes, il est composé par des amis qui jouent dans différents groupes locaux de Falun (Suède). On a déjà essayé de travailler avec des professionnels mais, à ce niveau-là, l’implication du chœur est toujours moins importante…

Est-ce qu’il y a une compétition entre les chœurs et toi ?
Non, pas du tout. En fait, je dirige les chœurs (rires). Parfois, ils ont de bonnes idées au niveau harmonique et nous faisons des tests pour voir si cela fonctionne.

Quels termes emploierais-tu pour qualifier « Coat Of Arms » ?
Par rapport « The Art Of War », je dirais que ce disque est plus direct et mélodique que le précédent. Il y a aussi beaucoup de chansons rapides. On revient un peu aux racines de Sabaton. Il n’y a pas d’atmosphères dark comme c’était le cas dans le précédent opus. On espère que les fans vont adorer « Coat Of Arms » !

Propos recueillis par Laurent Gilot
Photos : DR

En concert, le 9 octobre, Nouveau Casino (Paris)

Sabaton, Coat Of Arms (Nuclear Blast/Pias)
Sortie le 21 mai 2010

www.myspace.com/sabaton

Sabaton, Uprising, official video