10.3.10

Airbourne, No Guts, No Glory at all

Adulés par certains comme étant le digne héritier d’AC/DC, décriés par d’autres qui considère le groupe comme un vulgaire ersatz, Airbourne ne laisse personne indifférent. Il faut bien avouer que les frères O’Keeffe mettent du cœur à l ‘ouvrage, qu’ils vivent et respirent le rock’n’roll plein pot. Si le second album qui vient de sortir, « No Guts, No Glory », perd un peu en spontanéité, nos gaillards australiens n’ont pas ménagé leur peine pour offrir un digne successeur à « Runnin’ Wild ». Alors que les premiers morceaux de ce nouveau disque ont été enregistrés au Criterion Hôtel à Warrnambool (Australie), le pub où Airbourne a donné son premier concert, le quatuor s’est vite retrouvé loin de chez lui, dans la windy city (Chicago) avec le producteur Johnny K (Disturbed, 3 Doors Down, Staind) pour finaliser cette enregistrement analogique sur bandes (c’est important de le dire à l’heure du tout numérique !). « Ce disque parle du fait de s’affirmer et de se battre pour devenir un homme », explique le batteur Ryan O’Keeffe. Plutôt que de séjourner dans une confortable chambre d’hôtel payée par le label, le groupe a préféré rester dormir dans le studio, s’inspirant ainsi de Bruce Springsteen et de son E Street Band qui vivaient dans le studio jusqu’à ce que l’enregistrement de l’album en cours soit terminé. « Nous avons appris qu’ils avaient fait ça pour la première série de disques qu’ils ont enregistrée ensemble », explique Joel (guitare/chant). « Nous avons donc installé la batterie dans une grande pièce avec notre matériel. David (guitare rythmique) et moi, nous avons dormis derrière nos amplis, Ryan derrière sa batterie et Justin (basse) prêt de la table de billard. Nous étions tous dans le studio et c’est assez drôle de se réveiller le matin, de prendre, ou non, une douche, de grignoter un petit peu puis de se mettre au travail immédiatement, sans perdre de temps. » L’époque où le groupe luttait difficilement pour survivre dans la banlieue de Melbourne semble appartenir au passé et Ryan de préciser : « Rien n’arrive facilement et nous nous disions déjà à l’époque qu’« il n’y avait pas d’autre voie que la voie dure ». » D’où le titre du premier single extrait de cet album, « No Way But The Hard Way », dont la vidéo montre le groupe en pleine forme en train de saccager le bureau du directeur d’une grande maison de disques. Sur « No Guts, No Glory », on retrouve le morceau « Steel Town » inspiré par les rencontres que le groupe a faites en tournée lors de passage dans des villes comme Sheffield, par exemple. « A chaque fois que nous avons joué dans des villes qui ont eue des aciéries, il y avait quelque chose de spécial par rapport au public » se souvient Joel O’Keeffe. « Les gens ont toujours l’air d’être un peu plus sauvage qu’ailleurs, ils boivent jusqu’à plus soif dans les pubs et, en plus, on est toujours obligé d’en faire la tournée. Ce public est vraiment fou et il y a toujours de grosses bagarres. On a donc eu envie de lui offrir une chanson qui lui permette de tendre les poings en l’air et de boire une bière par la même occasion. C’est un peu comme jeter de l’huile sur le feu ! (rires). »

Laurent Gilot
Source : Radio Nationale Belge
Photo : DR

Airbourne, « No Guts, No Glory » (Roadrunner)
Sortie le 8 mars 2010

En concert au Zénith (France) le 26 mars 2010

www.myspace.com/airbourne

Airbourne, No Way But The Hard Way, video