10.2.10

White Wizzard, Over The Top, interview exclusive

En juillet dernier, on avait laissé nos sorciers blancs californiens avec le rutilant bolide "High Speed GTO" qui rendait, à sa façon, hommage au heavy metal britannique du début des années 80. Aujourd’hui, le gang de LA revient aux affaires avec un nouvel album dont le titre affiche bien les ambitions du combo : "Over The Top". Lors du passage à Londres du groupe en décembre dernier, le guitariste rythmique, Chad Bryan, s’est prêté au jeu des questions-réponses. La révélation de la New Wave Of Traditional Metal est arrivée !

Comment votre premier album, "High Speed GTO", a-t-il été accueilli par les fans de metal ?
Chad Bryan : Pour la plupart d’entre eux, la musique de cet album leur a rappelé l’aspect "grandes réunions fraternelles", fédérateur du heavy metal des années 80… C’est probablement cet état d’esprit qui a beaucoup manqué à certains groupes au cours de ces dernières années. Cet état d’esprit des années 80 s’est perdu dans les 90’s avec l’arrivée du grunge, la scène hardcore de New York et toute la vague death metal… Je ne dirais pas que c’était un état d’esprit plus négatif qui régnait mais il y avait plus de frustration qui animait les groupes, une colère qui s’exprimait à travers un chant agressif. Nous essayons de raviver la flamme du metal traditionnel et je crois que c’est ce que les fans aiment bien. En dehors des figures légendaires du genre qui continuent à tourner, ce qui veut dire qu’il y a un marché pour ça, il n’y a pas beaucoup de jeunes groupes qui pratiquent ce style de musique aujourd’hui. Ce sont les raisons principales pour lesquelles l’album a été bien reçu. L’autre raison est que les chansons de ce disque sont fortes.

Justement, plus jeune, tu as joué dans un groupe de death metal. Est-ce que c’était compliqué pour toi de revenir à un style de metal plus traditionnel ?
C.B. : En fait, non… Quand j’ai commencé à jouer ce genre de musique dans les années 90, c’était encore quelque chose de nouveau et ce genre était adapté à notre état d’esprit du moment. Mais, mon cœur a toujours été du côté du metal traditionnel. Avant de rejoindre White Wizzard, je me suis replongé dans les racines du genre avec des groupes comme Iron Maiden, Judas Priest ou Scorpions grâce à mon iPod. Je me suis alors dit que c’était vraiment vers ce style de musique que je voulais me diriger. La transition a donc été assez simple pour moi, comme une progression naturelle en temps que guitariste.

Etes-vous partie sur la route pour soutenir la sortie de ce premier album ?
C.B. : Après la sortie de l’album, nous avons donné quelques concerts sur les côtes est et ouest du pays mais, il n’y a pas eu vraiment de tournée organisée pour le moment. En revanche, avec "Over The Top", nous allons effectuer une tournée en Amérique du nord début janvier 2010. On commence par Boston puis on va passer par quelques villes canadiennes avant de terminer, je crois, par Seattle ou Vancouver. En fait, on va principalement jouer des morceaux de notre premier album jusqu’en mars, au moment de la sortie d'"Over The Top", où l’on va vraiment intégrer les nouveaux titres à nos prestations live. Je crois que l’on va bien s’amuser sur la route (rires).

Peux-tu nous en dire plus sur la conception de ce nouvel album ?
C.B. : On a eu beaucoup de fun tous ensemble lors de l’enregistrement qui s’est déroulé au cours du mois d’août 2009. Jon Leon (basse et guitare), le principal compositeur, avait tout écrit en amont et, même s’il avait enregistré quelques démos très brutes, la plupart des morceaux ont été finalisés dans notre local de répétition. Par la suite, nous sommes allés au studio de Ralph Patlan (UFO, Megadeth), à Phoenix, pour l’enregistrement proprement dit. Comme nous n’avions pas beaucoup de temps, tout a été fait très rapidement et c’est très bien comme ça car l’on ressent une certaine forme d’urgence à travers les morceaux. C’est le résultat que nous attendions. Sinon, la pochette de l’album a été réalisée par le graphiste Cameron Davis qui a réalisé les visuels du jeu vidéo Guitar Hero.

Quid d’un morceau comme "Over The Top" ?
C.B. : C’est une chanson que nous avons composée il y a un moment. Elle décrit vraiment notre état d’esprit, la façon dont on veut faire de la musique et il nous a semblé idéal comme titre de cet album. Pour "Over The Top", nous avons tourné pendant 2 jours une vidéo, en plein hiver, dans les alentours de Los Angeles, au nord d’Hollywood. La GTO est de retour mais nous avons eu quelques soucis avec comme on peut le voir dans le film. Elle a été envoûtée par un méchant sorcier (rires) ce qui entraine une bataille à la fin du clip. C’était très drôle à tourner. On a voulu mélanger un état d’esprit propre au metal tout en le tournant en dérision certains clichés. Nous ne voulons pas nous prendre au sérieux.

Au cours de notre dernière interview avec Jon, celui-ci nous disait que vous recherchiez un nouveau chanteur. Avez-vous trouvé la bonne personne aujourd’hui ?
C.B. : Oui. Avec Wyatt Anderson, nous avons trouvé un chanteur qui est un bon compromis entre Geoff Tate, Rob Halford et Dio. Il a fait un boulot incroyable sur cet album.

Peux-tu nous parler de certains titres présents sur le disque et des choses qui vous ont inspirées pour leur écriture ?
C.B. : 40 Deuces : C’est vrai que ce morceau sonne comme une version accélérée de "Desert Plains" de Judas Priest (ndlr : le groupe reprend "Heading Out to the Highway" du mythique album "Point Of Entry" du Priest). On ne cherche pas à réinventer le genre. Je me souviens que c’est sur ce titre que l’on a auditionné Wyatt et que nous nous sommes rendus compte que sa voix collait parfaitement à notre musique.
Live Free Or Die : Ce titre est comme un hymne pour les concerts. On cherchait quelque chose d’un peu américain, en tout cas, une mélodie sur laquelle les gens puissent chanter.
Iron Goddess Of Vengeance : C’est une de mes chansons favorites sur l’album. Très épique. Le titre vient de la première fois où nous sommes allés dans un restaurant chinois à San Francisco… Il y avait un thé qui portait ce nom. On s’est dit que ce dernier sonnait tellement "metal" que nous devrions écrire une chanson dessus (rires).

On vous associe à la New Wave Of Traditional Metal en référence à la New Wave Of British Heavy Metal du début des années 80. Quelle importance ce mouvement mythique a-t-il eu dans votre culture musicale ?
C.B. : Bien sûr que c’est une période essentielle qui a enfanté un tas de groupes incroyables. Nous n’essayons pas du tout de copier ces derniers mais c’est vrai que beaucoup de formations de cette époque sont des formations qui comptent encore pour les fans de heavy metal d’aujourd’hui. Nous sommes fans de ce style qui s’est développé aux débuts des années 80 et on s’en inspire pour faire notre propre musique.

Cela fait du bien d’entendre du metal mélodique aujourd’hui…
C.B. : En fait, on aime bien des groupes de death metal comme Carcass ou Morbid Angel mais c’est vrai que je trouve que c’est important d’écrire des chansons mélodiques. C’est ce que nous essayons de faire avec White Wizzard. On veut ainsi attirer des gens qui pensent ne pas aimer le metal et qui vont trouver des points d’entrée dans notre musique. C’est notre vision des choses et nous avons envie de la faire partager à un maximum de personnes !

Propos recueillis par Laurent Gilot
Photos : DR

White Wizzard, Over The Top (Earache Records)
Sortie le 8 février 2010


A l’affiche des prochaines éditions du Keep It True Festival 13 (Allemagne) et Hammerfest 2010 (UK)


White Wizzard, Over The Top, video