5.2.10

Gama Bomb, Tales From The Grave, interview exclusive

En novembre 2009, le groupe irlandais de thrash metal met à disposition son nouvel album, « Tales From The Grave In Space », en téléchargement gratuit sur Internet. Aujourd’hui, le disque arrive dans les bacs en édition deluxe double CD et en édition vinyle limitée. Le bassiste de la formation, Joe Mc Gugian a bien voulu répondre à nos questions et s’expliquer sur ce nouveau brûlot et sa commercialisation atypique.

Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, peux-tu nous en dire plus sur la formation de Gama Bomb ? D’où vient le nom du groupe ?
Joe McGuigan : Nous nous sommes formés au cours de l’été 2002 et nous avons réalisé une première démo, « The Survival Option », peut de temps après. Le line-up original était composé de moi à la basse, Luke Graham à la guitare rythmique, Philly Byrne au chant, Kevy Kanavan à la lead guitare et Damien Boyce à la batterie. Nos premiers concerts nous ont conduits à enregistrer une seconde démo qui nous a permis de jouer en Angleterre. En 2006, notre premier album est sorti sur le label Witches Brew puis nous avons signé avec Earache Records en 2007. Le nom Gama Bomb vient d’un comics avec l’incroyable Hulk. Cela convenait parfaitement avec notre adoration pour le thrash corrosif.

Comment a été reçu votre album « Citizen Brain » et la tournée Killfest qui s’en est suivi avec Overkill, Exodus et Torture Squad ?
« Citizen Brain » est notre deuxième album et il est sorti en 2006. Les réactions sur cet album ont été incroyables. Les critiques, et surtout les fans, nous ont vraiment soutenu et cela a vraiment fait un effet boule de neige depuis. Notre participation au Killfest Tour 2009 a été également une expérience très importante où le groupe a vraiment appris plein de choses. Auparavant, nous n’avions fait que jouer dans des clubs et des festivals. Nous avons également fait la première partie d’Exodus, lors d’une tournée en Angleterre qui nous a permis d’être au contact d’un large public thrash. Nous sommes tous des groupes de thrash metal mais Overkill et Exodus ont une base de fans plus âgés que nous ou Torture Squad. C’était une opportunité très intéressante de jouer dans de grandes salles, de côtoyer ses groupes légendaires et de devenir amis avec eux.

Peux-tu nous en dire plus sur l’enregistrement de « Tales From The Grave In Space » ? Comment s’est déroulée cette session ? C’était très rapide ?
Effectivement, c’était très rapide. Nous avons finalisé le partenariat avec la plateforme de téléchargement Rapidshare.com l’été dernier donc on avait une certaine pression pour boucler le processus d’écriture avant de se retrouver en studio au cours du mois de septembre 2009. Pour être honnête, nous avons tendance à mieux travailler quand nous sommes sous pression ce qui fait que les meilleurs morceaux ont « jaillis » quelques semaines avant de rentrer en studio. En ce qui concerne l’enregistrement proprement dit, nous avons été sur la même longueur d’ondes avec notre producteur Scott Atkins. Il sait vraiment comment sortir le meilleur de nous-mêmes donc la session s’est déroulée sans problème. Le fait d’être coincé en Angleterre, au milieu de nulle part était un peu cauchemardesque. Il n’y avait pas d’internet, nulle part où aller, etc… Nous sommes donc juste concentrer sur ce que nous avions à faire et tout s’est très bien déroulé.

Est-ce qu’il y a un thème particulier derrière cet album ? Etes-vous des fans des séries horrifiques comme « Tales From The Crypt » ou « Creepshow » ?
Tu as tapé en plein dans le mille ! A l’origine, ce disque regroupe une collection d’histoires horrifiques à la mode E.C. Comics ou Creepy And Errie, une autre série horrifique des années 60. On ne peut donc pas vraiment dire que c’est un album conceptuel. Le fait d’être de gros fans de films et de BD d’horreur est quelque chose qui nous a naturellement conduit à concevoir ce disque autour de ce genre d’histoires.

Pourquoi ce disque est-il totalement gratuit dans un premier temps ? Est-ce que pour vous le futur de la musique est sur Internet et sur les routes ?
De toute façon, ce disque est gratuit ? Les albums de tout le monde sont gratuits sur Internet, n’est-ce pas ? Partant de ce fait, nous avons donc décidé de « légaliser » le téléchargement gratuit qui est un des facteurs majeurs de la faillite des maisons de disques indépendantes. Il est vrai que nous sommes des accros du téléchargement. Si cet accès n’existait pas, il y aurait plein de super groupes comme Helstar, Nuclear Assault ou Acid Reign qui seraient complètement tombés dans l’oubli à l’ère du numérique. Nous nous sommes donc dit : « Si nous faisons cela, pourquoi aurions-nous un problème avec les gens qui téléchargent notre album ? ». L’objectif était donc de rendre disponible cet album au plus grand nombre. Tu as raison en évoquant le fait que le futur de l’industrie du metal se situe sur la route, avec le merchandising, et sur Internet. Mais cela ne veut pas dire que la musique sur un support physique n’aura plus de place dans le futur. Il faut dire que la culture du thrash metal est basée sur des maxis et des coffrets.

Que diriez-vous à des gens qui pensent que tout a déjà été fait il y a 20 ans ? A ce titre, que signifie aujourd’hui cette musique pour vous ?
Je pense que les gens qui parlent de cette façon de cette nouvelle vague de groupes thrash ne s’intéressent pas beaucoup au genre. Pour être honnête, le fait que certains comparent notre musique à celle des vieux groupes de thrash metal ne nous pose pas de problème. Nous sommes influencés par ces groupes mais je n’en connais aucun, ancien ou nouveau, qui pratique la même mixture que nous, c’est-à-dire un mélange entre thrash-punk speed avec des vocaux hauts perchés. Nous jouons cette musique avec notre cœur, c’est pour cela que les fans du genre aiment Gama Bomb et non pas parce que nous sommes influencés par Exodus, par exemple. Personnellement, j’ai découvert cette musique à travers Metallica puis en suivant le "Big four" et d’autres groupes. Pour moi, le thrash metal est la plus pure et la plus énergique des formes musicales sur terre. C’est aussi une bonne excuse pour sortir et se bourrer la gueule (rires).

Vous aimeriez donc faire partie du prochain « Big four » ?
On veut juste réaliser des albums énergiques. Si quoi que ce soit se concrétise, en plus de cette volonté de base, ce ne sera que du bonus !

Propos recueillis par Laurent Gilot
Photos : Ruth Medjber

Gama Bomb, Tales From The Grave (Earache records)
Sortie le 25 janvier 2010

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Gama Bomb, Tales from the middle of nowhere in Suffolk, video