7.2.10

Abinaya, Corps (Rebel Music/Brennus)

« Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères, des divans profonds comme des tombeaux… ». Le fameux poème de Charles Baudelaire, reporté sur la pochette intérieure du disque (« Les fleurs du mal »), nous met dans l’ambiance et peut, à tort, nous donner à penser que ce disque renferme quelques moments estatiques. Eh bien, que nenni ! Avec ce second album, le quatuor français fait surtout parler la poudre, même s’il se ménage quand même des respirations, et dévoile un style qui pourrait presque être comparé à un équivalent national d’un Soulfly, la grosse voix et les guitares rouleau-compresseurs en moins. Et puis, ce metal ne s’interdit pas d’introduire des percussions comme des tablas, par exemple. Tous les titres sont chantés en français et la voix claire du chanteur-guitariste Igor Achard séduit pas bien des aspects, en particulier dans sa façon de cultiver le bon verbe et la rime qui fait mouche. Par moments (« Algo Mais »), on croirait presque entendre un Noir Désir se serait mis au hard rock, le phrasé d’Igor y étant pour beaucoup dans cette comparaison. A écouter « Les labels », qui est une charge virulente conte le système des maisons de disques, l’effrayant « Enfant d’Orient » ou « Les chars de police », « L'homme libre » et « Corps », le morceau, qui sont de vraies grenades dégoupillées.

Elvira Santa

Abinaya, Corps (Rebel Music/Brennus)
Sortie en avril 2009

www.myspace.com/abinayarockpage