9.12.08

Metallica, interview vérité avec James Hetfield

Alors que la nouvelle vidéo du groupe, "All Nightmare Long", parle de zombies qui envahissent la terre suite à des manipulations génétiques sur des spores issues d’une météorite tombée en Russie, James Hetfield a accordé une interview à un quotidien canadien. Il revient sur le parcours du groupe, les fans de Metallica et sur son rôle de musicien. Entretien.

Comment réagis-tu quand les fans disent que "Death Magnetic" est votre meilleur album depuis des années ? Tu ne prends pas cela comme une insulte ?
James Hetfield : Au contraire, c’est bien. Je ne prends pas cela comme une insulte car il y a vraiment d’autres sujets plus graves... Nous sommes à l’aise avec chacun de nos albums, mais, avec celui-ci, il y a un accueil particulièrement positif. En ce qui concerne "St Anger", seul le temps nous le dira. Ce n’est pas que l’on se compare à Led Zeppelin, mais, avec leur troisième album, les critiques parlaient de disque mineur alors que, pour moi, c’est l’un des mes préférés. "Death Magnetic" doit effacer tout ce qui lui est rattaché, comme les albums "Load", "St Anger" et le documentaire "Some Kind Of Monster". Ce disque sort d’un seul coup du lot, c’est assez incroyable.

Comment Rick Rubin, en tant que producteur, a réussi à gérer la conception de ce nouvel opus ? Vous a-t-il demandé de revenir aux solos et à des morceaux plus longs ?
Il a beaucoup travaillé sur le fait de nous redonner confiance en nous, d’évacuer nos angoisses liées à la peur de ne pas arriver à progresser en tant que groupe. Il nous a convaincu de ne pas regarder en arrière car c’est synonyme d’échec, de ne pas nous reposer sur nos lauriers, d’arrêter de faire de gras dans notre canapé. Au cours de ces dernières années, nous avons oublié les points essentiels qui rendaient le groupe unique. Il nous a aidé à comprendre notre passé. Lars et moi, nous étions en conflit permanent. Je me suis rendu compte qu’il valait mieux que j’écrive des chansons plus courtes, qui disent la même quantité de choses mais d’une manière plus concise. Si une chanson de 8 minutes donne l’impression d’en durer 10, c’est qu’il y a un problème.

J’aime beaucoup "All Nightmare Long", qui est-ce qui te chasse ?
J’aime que cela reste aussi vague que possible comme ça tu peux relier ces paroles à ta propre expérience. Le refrain provient des chutes de "St Anger". J’avais la volonté de revenir à une histoire liée aux mythes développés par H.P. Lovecraft et que l’on retrouve dans "Thing That Should Not Be" et "Call Of Cthulu". "All Nightmare Long" s’inspire de "The Hounds Of Tindalos" (crée par Frank Belknap à partir des histoires de Lovecraft), une histoire incroyable de loups qui chassent à travers leurs cauchemars et la seule façon de les tenir à distance est de rester avec les anges. Tu ne peux même pas y échapper dans ton sommeil.

Certaines personnes continue à considérer votre album de 1983, "Kill ‘Em All", comme une pierre angulaire. Est-ce que c’est frustrant ?
Pas du tout. Cela fait parti de nous. Tant que nous ne sommes pas un groupe uniquement tourné vers le passé, nous pouvons continuer à jouer des titres comme "Enter Sandman", "Seek & Destroy" ou "Nothing Else Matters". Si tu ne les joues pas en live, c’est dommage car, pour beaucoup de jeunes adolescents, "Kill ‘Em All" a un sens aujourd’hui.

Comme tous vos fans, nous avons vu le documentaire "Some Kind Of Monster". La thérapie est-elle finie ?
Oui, nous sommes soignés (rires). Nous sommes moins prudents et plus conscients…

Ca doit craindre de revoir ce film ?
Je l’ai regardé plusieurs fois. Quand tu es un acteur et que tu te rends dans une salle où ton film est projeté, tu ressens une certaine fierté. Ce film, c’était nous à poil, moches et à l’état brut.

Penses-tu que les gens oublient parfois que vous êtes des artistes au plus profond de vous mêmes et que vous avez quelque chose à dire ?
Nous sommes une bonne grosse cible facile à atteindre. Surtout après les histoires avec Napster, notre film… Des choses au sujet desquelles les gens peuvent facilement nous lancer des piques… Je préfère me poser et parler du feeling d’être sur scène, du bien-être que cela me procure, de cette nouvelle sensation, du respect que les gens nous montrent en venant nous voir en concert… Des choses de ce genre. Et puis quand tu te retrouves face à un gamin sur son lit de mort qui n’a qu’une seule envie : voir Metallica, tout le reste n’a pas vraiment d’importance. Nous le faisons parce que nous le sentons. Les gens se plaignent tout le temps de quelque chose. Si vous faites face et que vous êtes solides, c’est bon, vous ne pouvez pas vous tromper.

Combien de "Unforgiven" allez-vous écrire ?
(Rires) Cela dépend si j’arrive à me pardonner. Mais, je crois que l’on risque d’en écrire quelques autres…

Propos recueillis par Fish Griwkowsky (Sun Media)
Traduction : LG
Photo : DR

Metallica, Death Magnetic (Mercury)

metallica.com


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Metallica, All Nightmare Long, Live à Calgary (Canada) le 5/12/08