10.11.08

Slayer, arrêt sur images

Alors que le quatuor est sur la route pour la tournée "Unholy Alliance Chapter III", en compagnie de Trivium et de Mastodon, petit arrêt sur images avec Kerry King, le guitariste diabolique de la formation, qui nous éclaire sur son parcours et celui de son groupe. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Slayer sans jamais oser le demander.

Où as-tu passé ton enfance ?
Kerry King : Je suis né à Los Angeles en juin 1964 et j’ai vécu dans deux maisons différentes au sein du même quartier au cours de mon enfance. D’un certain point de vue, c’était une bonne chose, mais, en même temps, si nous avions un peu plus bougé, j’aurais pu me faire de nouveaux amis et cela m’aurait été d’une grande utilité par rapport à ce que je fais aujourd’hui !

Avais-tu des frères et sœurs ?
J’ai deux sœurs qui sont plus âgées que moi. Je suis le seul garçon et le plus jeune donc j’ai été assez gâté. C’était beaucoup plus dur pour moi de m’attirer des ennuis car j’étais l’enfant adoré. A 13 ans, j’ai commencé à jouer de la guitare parce que mon père voulait m’empêcher de mal tourner, il souhaitait que j’ai un hobby.

Quel genre d'élève étais-tu à l’école ?
J’étais vraiment bon jusqu’au jour où j’ai découvert les filles et, là, tout a changé. En fait, c’est une bonne chose car je n’ai pas fait de projet pour la fac, où j’aurais probablement échoué misérablement. J’étais un élève plutôt doué mais, une fois au lycée, les filles sont entrées dans ma vie et plus rien n’a été comme avant. A cette époque, je me souviens que j’ai eu un prix en math au nom de toute l’école, donc, les études n’étaient pas un problème en soit, mais, dès que le sexe entrait dans l’équation, plus rien n’allait.

Dans la continuité du sexe, est-ce que tu as découvert les drogues et le rock’n’roll ?
Je n’ai jamais pris de drogues de toute ma vie mais je suis assez expérimenté en ce qui concerne la boisson. En revanche, je n’ai commencé à boire qu’à l’âge de 21 ans, pas parce que c’est l’âge légal aux Etats-Unis, mais parce que c’était le moment de s’y mettre…

Et côté musique ?
Quand j’ai commencé à jouer de la guitare, je me suis tout de suite intéressé au heavy metal. J’ai été initié par mes sœurs… J’écoutais Judas Priest à la radio, c’était l’époque de l’album "British Steel" (1980). "Breaking The Law" et "Living After Midnight" étaient les chansons plus diffusées mais, pour moi, ce n’était pas les morceaux les plus heavy de Priest ! Avant cela, j’étais fan de Van Halen. Je les ai vu 6 fois sur les trois premiers albums. C’est une bonne école lorsque l’on veut apprendre à jouer de la guitare. Essayer de jouer comme Eddie Van Halen est un vrai challenge et ça l’est encore aujourd’hui !

Comment Slayer s’est-il formé ?
J’étais dans un groupe avec mon professeur de guitare et celui-ci jouait également avec Tom Araya (le basiste/chanteur de Slayer). Leur groupe a splitté et Tom s’est retrouvé disponible. Comme il habitait dans le même quartier que moi, nous avons formé un groupe et tout a commencé comme ça.

Aviez-vous conscience qu’une nouvelle forme de musique heavy était en train de se développer et que vous alliez en être l’un des principaux acteurs ?
Non, pas vraiment. Nous étions juste en train de créer notre propre musique. On avait entendu parlé de Metallica. Mais, à cette époque, nous ne savions rien d’Anthrax et Megadeth n’existait même pas. Je crois que l’on a peut-être joué une fois avec Metallica avant qu’ils ne deviennent un groupe de la Bay Area. A ce moment-là, on parlait principalement de metal et ce n’est que bien plus tard que le terme "Thrash" a été utilisé.

Comment Slayer a-t-il été accueilli dans un premier temps ? Je crois me souvenir que les critiques n’ont pas été très tendres avec vous…
Oh, les gens nous haïssaient vraiment ! Aujourd’hui, lorsque nous arrivons en ville pour un concert, tout le monde veut entendre "Evil Has No Boundaries", "The Antichrist" et tous les morceaux de cette époque. Mais, quand nous sommes arrivés sur la scène de LA, on nous détestait. En fait, nous n’avons jamais voulu tenir compte de ce que les critiques disaient. Les choses ont vraiment commencé à changer quand nous avons sorti le Ep "Haunting The Chapel" et l’album "Hell Awaits". Auparavant, nous n’avions que des critiques pourries puis les gens ont commencé à venir nous voir en concert.

"Reign In Blood" a été une étape importante dans la carrière de Slayer. Aviez-vous conscience que cet album allait devenir une référence au moment où vous l’avez conçu ?
Pour nous, c’était juste les 10 prochaines chansons. Nous avons juste voulu accélérer le rythme, c’est tout. Dave (batterie) a toujours été un gros fan de punk rock et c’est de là que nous ait venu l’idée d’accélérer nos morceaux. La façon de jouer les riffs, quant à elle, venait du metal. Je crois que la description la plus appropriée pour décrire notre style est celle de metal-punk, et, à la base, je pense que c’est la définition même du thrash. Au départ, les punks et les hardos allaient respectivement dans les concerts qui leur étaient dédiés et je pense que nous avons été l’un des groupes, si ce n’est le groupe, qui a changé la donne à ce niveau-là.

Sur cet album, "Angel Of Death", est un titre qui vous a valu une forte controverse. Comment l’avez-vous vécu ?
Cela m’a donné assez de carburant pour écrire de la musique jusqu'à la fin de ma vie. De constater cela, c’est quelque chose qui a eu un impact très fort sur moi. En voyant les gens s’offusquer, j’ai pris conscience de l’hypocrisie qui caractérise notre monde. Nous sommes tous des hypocrites. Nous sommes supposés avoir la liberté de parole et certains se sentent offensés lorsque nous jouons un titre comme celui-là. C’est idiot. A la base, nos paroles cherchent juste à faire réfléchir. C’est tout.

On a l’impression que vous avez traversé les années 90 avec plus de dignité que certains. Qu’en penses-tu ?
Je ne sais pas. C’était cette putain d’ère Limp Bizkit. Je me souviens que c’est la première fois que j’ai laissé quelque chose influencer mon écriture. Quand nous avons réalisé l’album « Diabolus In Musica », je n’étais pas du tout impliqué dans le processus d’écriture musicale parce que j’étais dégouter par cette daube. Je ne comprenais pas comment n’importe qui pouvait concevoir une musique comme celle-là. C’était incontestablement ma période la plus noire en tant que musicien.

Comment expliquez-vous le fait que vos fans soient restés fidèles au cours de cette période ?
Nous n’avons jamais essayé d’être ce que nous ne sommes pas. Les fans l’ont vu. Je me souviens m’être complètement désintéressé de groupes qui changeaient brusquement de direction musicale. Nous n’avons pas voulu rentrer dans ce jeu-là. Nous voulions rester nous-mêmes, même si ce n’était pas notre meilleure période.

A quel moment avez-vous pris conscience que le metal était de retour ?
Crois-le ou non, je l’ai prédit quand Godsmack et Disturbed ont commencé à avoir du succès. Les gosses s’intéressaient à une musique plus dure puis, je me suis dis qu’ils allaient se lasser, se tourner vers autre chose et, finalement, venir dans notre "rue". C’est ce que j’ai prédit et c’est en gros ce qui est arrivé. Slipknot a également été une nouveauté et leur premier album était énorme.

Il y a presque 25 ans que vous avez réalisé "Show No Mercy". Quel est le secret de votre longévité ?
C’est un nouveau départ pour nous. Avec nos premiers disques, nous étions tous à la maison et, comme nous n’avions pas encore de familles, nous passions beaucoup de temps à jouer, nous étions donc plus productifs. Comme nous n’étions pas souvent en tournée, nous avions la possibilité de nous consacrer entièrement à la musique. Aujourd’hui, nous devons tourner et nous devons nous occuper de plein de choses qui n’ont pas grand chose à voir avec la musique. Mais, je suis très heureux d’être dans Slayer, je suis plus reconnu aujourd’hui, je suis difficile à oublier !

Propos recueillis par Terry Bezer (extrait de www.metalhammer.co.uk)
Photo : Dave Etheridge Barnes

www.slayer.net
www.myspace.com/slayer
www.slayerized.com

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The Unholly Alliance, Chapter III
En concert avec Trivium et Mastodon au Zénith le mardi 11 novembre 2008

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