Satan, Cruel Magic, retour de feu

Le groupe de Newcastle formé en 1979 se montre toujours aussi productif et qualitatif...

Flotsam and Jetsam, 13ème sacre

Le groupe de Phoénix n'en finit pas de renaître de ses cendres. Chaud devant !

Metallica, Harwired...To Self-Destruct

Les four horsemen ont édité un disque qui va faire mal aux cervicales...

6.9.18

Flotsam and Jetsam, The End Of Chaos, 13ème sacre

Les vétérans américains du speed metal sont de retour à l'occasion d'un treizième disque, "The End Of Chaos", plus de 30 ans après avoir débuté avec Jason Newsted à la basse. Le groupe a récemment accueilli en son sein le batteur Ken Mary que l'on a découvert à la fin des années 80 dans Alice Cooper (Cf. Trash Maniac N°7). Ce dernier a remplacé au pied levé Jason Bittner qui a rejoint Overkill en 2017. Au sujet de ce transfert, Flotsam and Jetsam n'en veut nullement au gang du New Jersey puisque les deux groupes vont se retrouver embarqué dans une grande tournée mondiale en 2019. "C'est quelque chose d'incroyable que de jouer avec ce groupe" déclare Ken. "Leur musique est un véritable challenge et à même temps c'est très amusant à jouer. De plus, les musiciens sont vraiment très bons, techniquement et humainement parlant. Je pense que nous allons bien nous éclater sur la route !". Bien entendu, Ken Mary a participé à l'élaboration de ce nouveau disque en enregistrant toutes les parties de batterie. Au sujet de ce nouvel opus, le chanteur Eric Knutson ajoute : "Il y a 12 morceaux sur ce disque. C'est un condensé des 40 titres que les gars avaient composés pour l'occasion. La sélection s'est faite très rapidement, il fallait retenir les titres qui captaient le plus notre attention. Chaque jour, les autres membres m'envoyaient des chansons pour lesquelles je devais écrire des paroles. C'était vraiment très excitant car la qualité était au rendez-vous." Et le guitariste Michael Gilbert d'ajouter : "Tu apprends toujours quelque chose en tant que compositeur. Le but est d'élaborer le refrain parfait qui va rentrer dans la tête des gens. Si tu as ça à l'esprit au moment de composer, il y a des chances pour que le morceau soit bon." La tournée "Tour Of Chaos" débarquera en France au printemps 2019, le 20 mars 2019, au Trabendo (Paris), avec Overkill, Destuction et Meshiaak à l'affiche.

Dead Zone
Photo : DR

Flotsam and Jetsam, The End Of Chaos (AFM Records)
Sortie le 09 novembre 2018

www.facebook.com/flotsamandjetsam.official/

Flotsam and Jetsam, Monkey Wrench, official lyrics video



4.9.18

Satan, Cruel Magic, retour de feu

C'est sur le mythique label californien, Metal Blade Records, que l'un des fleurons de la New Wave Of British Heavy Metal a trouvé refuge pour à nouveau faire parler la poudre. Deux ans après l'excellent "Atom by Atom" et la sortie du très bon Blitzkrieg au printemps 2018, "Judge Not!", le vocaliste stakhanoviste Brian Ross répond à quelques questions sur cette cinquième livraison qui porte le nom de "Cruel Magic".

L'écriture du nouvel album de Satan, "Cruel Magic"
Nous avons commencé à travailler sur ce nouvel album peu de temps après la réalisation de notre précédent disque, "Atom by Atom". Russ (guitare) avait quelques idées en tête, une poignée de riffs qui avaient été mis de côté au cours de la réalisation de notre précédent opus. Il a décidé de les retravailler pour en faire de vrais morceaux sur lesquels j'ai pu commencer à écrire des textes. Ce processus de création a pris quelques années jusqu'à ce que l'on soit prêt pour retourner en studio. Cela illustre bien le processus créatif au sein de Satan. En revanche, en ce qui concerne mon autre groupe, Blitzkrieg, nous abordons le processus créatif sous un autre angle. C'est différent mais cela correspond à la façon dont nous aimons travailler.

A propos du fougueux titre "Doomsday Clock"
Je suis un gros fan de la série "Doctor Who". Si j'avais un vaisseau spatial comme le Tardis, je voyagerais dans le temps pour retourner un moment où les choses ont commencé à merder, j'essayerai alors de changer le cours de certains évènements. La possibilité de pouvoir voyager dans le temps peut te conférer un certain nombre de responsabilités et susciter des questions : "Est-ce que je peux réellement faire ça et influencer telle ou telle décision ?". Bien entendu, nous n'en savons rien, car nous n'avons pas de machine à remonter le temps, mais je trouve que c'était un beau sujet pour une chanson.

La signature avec le mythique label américain Metal Blade
Nous avons passé de très bons moments avec le label français Listenable Records mais, après deux albums, nous avons voulu étudier différentes offres qui se présentaient à nous. Par rapport à la première offre que nous avons eue, Listenable nous a dit qu'il pouvait nous proposer les mêmes conditions. Puis, Metal Blade est arrivé avec une proposition que l'on ne pouvait pas refuser. Sans vouloir manquer de respect au travail qui a été effectué par Listenable, il fallait que Satan se projette dans une autre dimension. Mais, je le répète, le label français a fait un travail formidable sur nos deux derniers albums qui n'auraient pas exister sans eux. Nous leur en sommes reconnaissants. Néanmoins, il fallait que l'on passe à autre chose, que l'on franchisse une nouvelle étape qui permette au groupe de sortir gagnant, tant au niveau de son exposition que des concerts proposés, etc... Nous ne pouvions donc pas refuser ce nouveau contrat.

A propos du fait que Satan soit associé à la vague New Wave Of British Heavy Metal du début des années 80
Je ne sais pas pourquoi nous sommes associés à cette vague musicale. Judas Priest et Motörhead se sont également retrouvés associés à ce courant mais est-ce qu'ils étaient vraiment "New Wave" à cette époque ? Je n'en suis pas sûr car ils ont débuté leur carrière bien avant la fin des années 70. En ce qui concerne Satan et Blitzkrieg, je préfère utiliser l'étiquette "classic British metal". Sous l'appellation "N.W.O.B.H.M.", il y a beaucoup trop de styles très différents les uns des autres. Blitzkrieg est très différent de Satan, c'est pareil pour Raven ou Venom mais, néanmoins, nous sommes classés dans cette catégorie qui ne nous définit pas vraiment...

Combien de temps Satan va-t-il poursuivre son parcours musical
J'ai 64 ans cette année et je me demande combien de temps je vais encore pouvoir continuer à faire de la musique. En fait, je n'en sais rien... Personne ne sait. Peut-être que la semaine prochaine, l'un des membres du groupe va nous convoquer pour dire qu'il veut arrêter... Quoi qu'il en soit, je ne pense pas que cela arrivera tout de suite car nous sommes très fiers de ce que nous avons accomplis. Tant que des personnes apprécieront notre musique, qu'ils viendront à nos concerts, qu'ils achèteront nos albums et que nous serons en bonne santé, il n'y a pas de raison pour que cela s'arrête.

Source : Metal Forces
Traduction : Laurent Gilot
Photo : Stefan Rosic

Satan, Cruel Magic (Metal Blade Records)
Sortie le 07 septembre 2018

Satan, The Doomsday Clock, official video

4.7.18

Overkill, Live In Overhausen (Nuclear Blast)

Sortie en mai dernier, le copieux live enregistré en Allemagne, dans une ville faisant partie du district de Düsseldorf, Oberhausen, montre que la formation new yorkaise des années 80 est encore bien vivante et animée d'un état d'esprit carnassier intact. En 21 titres, Overkill déroule le rouleau compresseur thrash ("Coma", "Live Young Die Free"...), des riffs épais et lourds comme des pneus de camion américain ("Horrorscope") et envoie même une ballade bien heavy ("Solitude"). On garde une petite préférence pour le final qui revisite la totalité du premier album des ricains sortie en 1985 : "Raise The Dead", "Rotten To The Core", "There's No Tomorrow" ou "Feel The Fire", un choix totalement subjectif et motivé par le premier concert du groupe auquel on a assisté en 1987 du côté de Besançon. Marrant d'entendre Bobby "Blitz" Ellsworth, le chanteur originel, évoquer la première prestation d'Overkill dans le coin, il y a presque 30 ans, lors de la tournée Metal Hammer où la formation avait réalisée une captation live en VHS : "Videoscope". Et comme dirait Bobby au sujet de ce disque et DVD : "It's going to be a trashy ride !".

Dead Zone

Overkill, Live In Overhausen, CD+DVD (Nuclear Blast)
Sortie le 18 mai 2018

wreckingcrew.com/Ironbound/

Overkill, Hammerhead, Live In Overhausen


2.10.17

Quiet Riot, Road Rage (Frontiers)


Face aux excellents albums sortis ces derniers mois sur le label italien (Harem Scarem, Ten...), les vétérans de Quiet Riot font presque office d'outsiders en cette année 2017. Mené par le batteur et seul rescapé de la formation californienne originelle, Frankie Banali, le groupe a connu son heure de gloire dans les 80's avec deux reprises de Slade ("Cum On Feel The Noise", "Mama Were All Crazee Now") et de solides albums ("Metal Health",  "Condition Critical", le sous-estimé "QR III"). Aujourd'hui, Quiet Riot a recruté le chanteur de 28 ans James Durbin (formé à l'émission TV American Idol) pour un treizième Lp qui marque une sorte de retours aux sources, période Randy Rhoads. Le rock 70's est donc à l'honneur pour un résultat qui tient la route (c'est le cas de la dire), assez convenu, qui ne nous fera pas, hélas, oublier l'âge d'or de la formation avec le bassiste Rudy Sarzo, le guitariste Carlos Cavazo (parti chez Ratt) et le chanteur Kevin DuBrow (Rip).

Elvira Santa

Quiet Riot, Road Rage (Frontiers - Harnmonia Mundi)
Sortie le 04 août 2017

Quiet Riot, Can't Get Enough, official video

9.9.17

Metallica, AccorHotels Arena Paris 2017, 08.09.17, les vidéos

Les américains n'étaient pas revenus à Bercy (devenu AccorHotels Arena Paris) depuis le jeudi 2 avril 2009. Si certains fans ont été choqués par le prix des places dans la fosse (99,40€ !), il faut bien reconnaître que ce nouveau show valait la peine d'être vue. La scène centrale est dotée d'un ensemble de 52 cubes suspendus (dont certains équipés de projecteurs) reliés à un système hydraulique et vidéo qui lui permet de monter et descendre ainsi que de projeter toutes sortes d'images, qu'elles proviennent du groupe sur scène ou de vidéo-clips, dessins réalisés par les fans. On retiendra particulièrement les croix qui tombent pour s'entasser sur les écrans au moment du break d'anthologie de "Master Of Puppets" ou les néons façon Las Vegas pour "Moth Into Flame" (sans la chorégraphie de Lady Gaga, ouf !). Les graphistes ont fait un super boulot pour animer ces cubes et mettre en relief le répertoire sans faille des californiens. Côté setlist, une belle part est consacrée aux titres du dernier album en date "Hardwired... To Self-Destruct" (2016). Hormis le dispensable "Dream No More", les cinq meilleures compositions de ce disque sont interprétées lors de ce show parisien (dont un "Now That We're Dead" digne des tambours du Bronx). A noter l'intermède où Robert et Kirk jouent une partie d'"Eye Of The Beholder" (deuxième titre interprété de l'album "...And Justice For All" de 1988) et d'"Antisocial" (Trust), devenu un classique de chez classique depuis la reprise d'Anthrax. Voilà donc la setlist complète de ce concert de 2h15 du vendredi 08 septembre 2017 :
Intro : The Ecstasy of Gold
Hardwired
Atlas, Rise!
Seek & Destroy
Leper Messiah
The Day That Never Comes
Now That We're Dead (avec un solo de batterie en plein milieu)
Dream No More
For Whom the Bell Tolls
Halo on Fire
Medley "Eye Of The Beholder", "Antisocial"
Last Caress (reprise plus jouée depuis le 19/07/2013)
Creeping Death
Moth Into Flame
Sad but True
One
Master of Puppets
Rappels :
Blackened
Nothing Else Matters
Enter Sandman (avec "The Frayed Ends of Sanity" outro)

Nous avons réunis un ensemble de vidéos, dans l'ordre d'interprétation s'il vous plaît, de ce concert avec, en premier lieu, le best of de Romain Swan qui résume parfaitement l'ambiance de cette réunion transgénérationnelle... Enjoy !

Dead Zone

Metallica, AccorHotels Arena Paris 2017, 08.09.17, Best of

Metallica, Intro et Hardwired

Metallica, Atlas, Rise!

Metallica, Seek & Destroy

Metallica, Leper Messiah

Metallica, The Day That Never Comes

Metallica, Now That We're Dead

Metallica, Dream No More

Metallica, From Whom The Bell Tolls

Metallica, Halo on Fire

Metallica, Eye Of The Beholder, Antisocial

Metallica, Last Caress

Metallica, Creeping Death

Metallica, Moth Into Flame

Metallica, Sad but True

Metallica, One

Metallica, Master of Puppets

Rappels :
Metallica, Blackened

Metallica, Nothing Else Matters

Metallica, Enter Sandman


31.8.17

Deep Purple, InFinite, l'histoire sans fin

En tête d'affiche de la dernière édition du Hellfest, le groupe mythique des années 70 a décidé d'appeler sa tournée 2017 « The Long Goodbye ». Après 49 ans de carrière, Deep Purple semble vouloir faire ses « adieux » à la faveur d’un nouvel album intitulé « InFinite ». A ce titre, nous avons rencontré Don Airey qui a remplacé Jon Lord aux claviers et dont le curriculum vitae reste l'un des plus impressionnants du circuit (Michael Schenker, Ozzy Osbourne, Gary Moore, Judas Priest…). Aux débuts des années 80, nous l’avions découvert au sein de Rainbow, groupe de l’ex-guitariste de Deep Purple Ritchie Blackmore. La boucle est ainsi presque bouclée.

Don, la première fois que je t’ai entendu jouer du clavier, c’était sur l’album de Rainbow, « Difficult To Cure » (1981). Est-ce que tu gardes un souvenir particulier de cette période ?

Don Airey : Tu parles de Rainbow ? Excuse-moi je suis un peu sourd après avoir jouer de la musique pendant plus de 40 ans (rires). « Difficult To Cure » était un bon album même si je préfère le précédent « Down To Earth » (1979) qui, selon moi, était un bien meilleur disque avec Cozy Powell et Graham Bonnet. Je crois que c’est un des mes albums préférés car j’ai contribué à l’élaboration de certains morceaux (ndlr : quand bien même ce dernier n’est pas crédité). J’en suis très fier.

Comment définirais-tu tes collaborations avec un nombre impressionnant de formations. Est-ce que le terme de « musicien de session » peut te convenir au regard de certains de tes travaux en studio ?
Je ne me définis pas comme tel car, la plupart du temps, je faisais parti des groupes. Je dirais plutôt que je suis un « working musician ». Ce n’est jamais un travail facile, il faut toujours se maintenir à niveau. Tim Rice (ndlr : parolier et présentateur de radio britannique) a un message amusant sur son répondeur qui dit : « Hello, c’est Tim Rice, il n’y a personne à la maison pour le moment mais j’y veillerais » (rires). Si tu veux survivre dans le business de la musique, il faut être sur la brèche en permanence. J’écris d’ailleurs un livre à ce sujet.

Peux-tu nous en dire plus sur la façon dont tu contribues à la musique de ce monstre sacré du rock qu’est Deep Purple ?
C’est toujours difficile d’intégrer un tel groupe. Jon Lord (ndlr : le claviériste d’origine décédé en 2012) avait un tel aura dans Deep Purple. A l’époque, je travaillais sur différents projets quand les membres du groupe m’ont fait une proposition que je ne pouvais pas refuser (rires). J’ai été très surpris par le fait que Jon soit obligé de quitter Deep Purple. Ce fût quand même l’un des principaux compositeurs, chose assez rare pour ce type d’instrument au sein d’une formation de ce genre… La maladie l’a forcé à arrêter et il n’avait plus rien à offrir au groupe. En 2002, quand j’ai vraiment rejoint les autres membres, tout le monde était accablé par le départ de Jon. Puis, nous nous sommes progressivement remis au travail et nous voilà, 49 ans plus tard avec un nouvel album !


Avant de rejoindre la formation, avais-tu un album préféré de Deep Purple ?

Oui, c’était « Who Do We Think We Are » (1973) car je trouve ce disque merveilleux. Selon moi, il contient tous les ingrédients qui font un bon groupe. Aujourd’hui, j’ai un peu changé d’avis car je trouve que « Deep Purple In Rock » (1970) est également un très bon album. « Who Do We Think We Are » est très intense et vraiment très bien interprété. De plus, il y a une véritable atmosphère, un truc indéfinissable, comme si le groupe était au bord de la rupture (ndlr : ce qui est arrivé 6 mois après sa sortie puisque Ian Gillan et Roger Glover ont quitté le pourpre profond).


Peut-on parler de « InFinite » et de ta contribution à ce 20ème album de Deep Purple ?

Le processus de création du groupe a toujours été le même, c’est-à-dire que les musiciens jamment entre eux jusqu’à ce que les idées jaillissent et que l’on commence à les développer pour en faire de vraies chansons. J’apporte quelques idées mais tout est une question d’instant, de moment particulier où tous les éléments vont converger pour donner naissance à un morceau. C’est de cette façon que les compositions d’« InFinite » ont été conçues. Une fois cette première étape achevée, toutes les compositions sont passées par le filtre de notre producteur, Bob Ezrin. Il nous donne des directions, nous demande d’explorer certains passages, de développer certaines idées qu’il considère comme pas assez abouties. C’est un producteur extraordinaire. Il y a beaucoup d’interactions entre lui et nous. Bob essaye de rendre notre musique plus claire, plus lisible, dans le bon sens du terme.

Est-ce que l’on peut dire que ce « filtre » vous permet d’aller à l’essentiel ?

D’une certaine manière… C’est ce qu’est sensé faire un producteur. Il doit comprendre les choses aussi vite qu’il le peut et apporter sa vision de l’ensemble sans faire de compromis au niveau de la qualité. Si tu laisses un groupe seul face à ses compositions, au fait de devoir réaliser un album, cela peut prendre des années ! (rires). C’est pour cela qu’il est important d’avoir un point de vue extérieur pour être sûr d’avancer et de finaliser le job.


Peut-on parler du matériel que tu utilises actuellement en tant que musicien ?

Je joue sur un orgue Hammond A 100 qui est un vrai Hammond appelé « The shop » de 1962, c’est mon préféré de la série. Je dis ça car, l’autre jour, j’étais interviewé par un type qui m’a demandé ce qu’était mon instrument. Je lui ai répondu que c’était un orgue Hammond A 100, il m’a certifié que non (rires). Cet orgue a été comprimé pour en réduire la taille et il a été conditionné dans un caisson différent de celui utilisé habituellement pour ce type d’instrument. Comme les français pourraient dire : « C’est un vieux vin conditionné dans une nouvelle bouteille ». Sinon, sur cet album, j’ai utilisé un ampli guitare Pure Tone classe A et un Marshall Silver Jubilee. Lors de l’enregistrement de « InFinite », avec Bob, nous avons décidé de faire un mix des sons produits par ses deux amplis. Outre mon orgue Hammond, j’utilise également un synthétiseur Kurzweil 2600X qui est vraiment extraordinaire. Il est doté d’une station de travail Midi sur lequel j’utilise 4 ou 5 canaux… Mon matériel comprend également un vieux sampler pour les cordes, des effets, un Minimoog Voyager, pour les solos, un Moog Little Phatty et un Mellotron M4000D Rack qui est une recréation digitale du mythique clavier Mellotron.

Sur « InFinite », vous vous répartissez les solos avec Steve Morse (guitare) . Comme s’organise cette collaboration ?

Rien n’est vraiment bien déterminé à ce sujet. Nous n’avons pas l’obligation d’exécuter chacun un solo. Steve est un guitariste exceptionnel, il a le devoir de produire quelque chose de vraiment bon car la référence de Ritchie Blackmore plane toujours sur le groupe. C’est sans cesse un challenge pour lui. Nous pensons en permanence à la façon dont les fans vont accueillir ces nouvelles compositions. En revanche, pour un claviériste, c’est toujours dur de trouver la bonne configuration, de s’imposer dans un groupe de heavy rock. La plupart du temps, tu joues en coordination avec la section rythmique, le bassiste et le batteur. J’essaye de beaucoup écouter ce que Roger (Glover, le bassiste) fait et, en même temps, je dois suivre le guitariste. J’occupe vraiment un poste de musicien transverse. Jon disait qu’il créé un halo de son qui enveloppe tous les instruments. C’est ce qu’il faut faire mais c’est assez complexe à réaliser. Tu dois sans cesse endosser la casquette du « lead player » et celle du « rhythm player ». C’est probablement l’un des postes les plus durs à tenir dans un groupe de rock. Que faire quand le guitariste exécute un solo ? Je me dis toujours que cela sonnerait mieux sans aucune partie de clavier… La guitare, la basse et la batterie sont suffisantes.

C’était vrai pour des groupes des années 70 comme Black Sabbath ou Led Zeppelin…

Exactement. Le son de ces groupes était fantastique avec seulement ces 3 instruments. Je me pose donc toujours la question de savoir quoi faire, quelles sont les parties de clavier les plus pertinentes à produire. Cela demande donc de vraiment réfléchir avant de jouer la moindre note.



As-tu des titres favoris sur ce nouveau disque ?

J’aime bien « The Surprising », « One Night In Vegas », la reprise des Doors, « Roadhouse Blues ». Au départ, je ne pensais pas que c’était une bonne idée de reprendre ce titre. C’est Ian Paice qui l’a suggéré et nous avons finalement livré une interprétation avec un feeling différent de l’original. Au final, j’aime beaucoup ce titre.



Est-ce que tu as été influencé par le jeu de Ray Manzarek, le clavier des Doors ?

J’aime ce qu’il a fait avec les Doors mais, pour moi, il n’a pas été une influence. Les musiciens que j’admire sont plutôt des musiciens de jazz comme Jimmy Smith, Bill Evans, j’aime ce que Jan Hammer a fait avec le Mahavishnu Orchestra, Keith Emerson avec E.L.P ou ce qu’il a produit pour The Nice.


Avec de telles racines musicales, on peut se demander pourquoi tu as accepté de jouer avec Ozzy Osbourne, par exemple…

En fait, je connaissais Ozzy depuis un moment. J’avais joué dans Black Sabbath (ndlr : il était musicien de session sur l'album "Never Say Die!" de 1978) . Quand j’ai rejoint le groupe d’Ozzy en solo, je me suis vraiment posé la question de savoir si cela était une bonne opportunité, d'autant que Randy Rhoads était de l’aventure. Ce guitariste jouait d’une façon qui ne ressemblait à rien de ce que l’on pouvait entendre à l’époque. En ce qui me concernait, je ne savais pas comment aborder ma participation à cette formation. Ce n’était effectivement pas la musique que j’avais l’habitude de jouer. Randy m’a dit qu’il fallait rajouter des effets à mon jeu, des sonorités différentes, il m’a montré la voie à suivre pour coller à son jeu de guitare. C’est un groupe avec lequel j’ai pris beaucoup de plaisir…


Malheureusement, tu n’as pas été crédité sur certains titres mythiques du groupe comme « Mr Crowley »…

C’est vrai mais quand Ozzy a réunit la formation, il n’avait pas d’argent. Il avait beaucoup d’ennuis… Je lui ai alors dit que j’allais enregistré avec lui gratuitement. Il m’a alors demandé de réfléchir à une intro pour « Mr Crowley ». Je lui ai demandé de revenir dans 1h30mn. C’est comme cela que cette partie instrumentale a pris forme. J’ai fais partie de la formation d’Ozzy pendant 5 ans et je vis toujours dans la maison que j’ai pu m’acheter suite aux tournées que j’ai faites avec lui (rires).


Comment va se dérouler cette tournée avec Deep Purple ?

Nous allons faire pas mal de date. Cela a commencé au printemps 2017 et nous serons en tournée jusqu’en décembre de cette année. On aura un « coach spécial » qui est un jet privé (rires) et qui va nous emmener un peu partout. Deep Purple est organisé comme un unité militaire. Nous avons 30 personnes avec nous sur la route, 3 bus, 2 ou 3 camions pour transporter 3 configurations de scène différentes. Je me retrouve donc avec 3 orgues Hammond et le matériel qui va avec… C’est très compliqué à organiser mais, heureusement, nous ne nous occupons pas du tout de cette logistique. Nous avons juste à décider de ce que nous allons jouer. Malgré toute cette logistique complexe, ce qu’il y a de plus important à la fin, c’est comme tu vas assurer une performance de qualité.

Propos recueillis par Laurent Gilot
Photos : DR

Deep Purple,  InFinite (EarMusic - Verycords)
Sortie le 07 avril 2017

Deep Purple, All I Got Is You, official video

16.2.17

Overkill, The Grinding Wheel (Nuclear Blast)

Tels des Metallica en puissance, les gars du New Jersey n'ont pas peur d'aligner, d'entrée jeu, de nouvelles compositions qui dépassent allègrement la barre des 5mn au compteur. Mais, après tout, qu'importe les durées, Overkill a des choses à dire et la formation a toujours montré un beau niveau de qualité dans sa production discographique depuis "Ironbound" (2010). On notera quand même sur ce dix-huitième disque, la présence de titres à fortes consonances punk ("Goddam Trouble", "Let´s Go All To Hades") qui rappellent que les racines d'Overkill flirtent régulièrement avec ce style depuis leurs débuts dans les années 80. Sinon, le thrash mid tempo est toujours à l'honneur comme sur "Shine On" ou "Mean Green Killing Machine", de vraies réussites dans le genre, sans parler du trépidant "Red White And Blue" et son sarcastique "damn right !". Les compositions du bassiste originel D.D. Verni font vraiment mouche et les paroles au vitriol de Bobby Ellsworth tapent là où ça fait mal ("The Wheel"). Encore un excellent album de vétérans du thrash qui laissent que peu d'espace aux jeunes pousses souhaitant se faire un nom (Dust Bolt, Game Over, etc...) à une époque où l'on ne vend plus suffisamment de disques pour s'imposer un tant soit peu dans ce business...

Dead Zone


Overkill, The Grinding Wheel (Nuclear Blast - Pias)
Sortie le 10 février 2017

www.facebook.com/OverkillWreckingCrew/

Overkill, Goddam Trouble, official video


9.2.17

Horisont, About Time, retour vers le futur

Quand on a entendu pour la première fois ces barbus et moustachus venus du nord (la Suède), on a beaucoup aimé leur attitude, leur musique comme figée dans le temps, issue d'une époque où le rock durcissait le ton et où les étiquettes ne régnaient pas encore en maîtres. En gros, la fin des années 70 et le début des années 80. Quand leur troisième opus, "Time Warriors" (2013), a vu le jour sur le label de Lee Dorian, Rise Above Records, nous sommes allés sérieusement à la pêche aux informations. Aujourd'hui, "About Time", cinquième du nom, vient remettre les pendules à l'heure et nous rappeler que Horisont sait se montrer encore bougrement efficace quand il s'agit de concocter des ritournelles énergiques et addictives, comme le single "Electrical" dont la vidéo montre le groupe en mode "Terminator" et rétro-futuriste. "Tout ce que l'on veut faire, c'est continuer à prendre du plaisir et à composer de la bonne musique !", explique simplement le frontman Axel (chant). "C'est vrai que nous avons rêvé de contrats discographiques et de tournées mais le fait de prendre du plaisir à faire les choses a toujours été plus important que tout. On peut dire de nous que nous sommes 5 gars qui aiment trainer et jouer de la musique ensemble." Formé à Gothenburg en 2006, Horisont a immédiatement voulu positionner sa musique entre le rock psychédélique et l'énergie des groupes de la New Wave Of British Of Heavy Metal. Le nouvel album n'échappe pas aux influences de cette période musicale riche. "Il y a une poignée de chansons sur ce disque qui vont en étonner certains mais, quoi qu'il en soit, il y a toujours ce son "Horisont" qui nous caractérise", précise Axel. "Nous avons voulu poursuivre les explorations de notre précédent opus, "Odyssey" (ndlr : le plus prog-rock et psychédélique de la formation à ce jour), tout en étant plus perfectionnistes. Nous avons toujours été influencés par les grandes formations des années 60, 70 et 80... Thin Lizzy, Scorpions, Fleetwood Mac, Electric Light Orchestra et Boston pour en nommer quelques unes. Lorsque nous avons abordé la composition d'"Odyssey", nous avons aimé le fait de travailler autour d'un concept. Pour "About Time", nous avons donc choisi les voyages dans le temps comme thématique principale de nos nouvelles chansons." Signé sur un label plutôt habitué au métal dur, Century Media, gageons que Horisont saura imposer son "classic rock" à la force de ses poignées velus et tatoués.

Laurent Gilot
Photo : DR

Horisont, About Time (Century media - EMI)
Sortie le 03 février 2017

En concert le 22 février 2017, El Diablo (Lille)


www.facebook.com/horisontmusic 

Horisont, Electrical, official video



Horisont,  About Time, official video

2.2.17

Battle Beast, Bringer Of Pain (Nuclear Blast)

Avec le titre donné à ce quatrième album de la formation finlandaise et une pochette assez agressive, on pourrait s'attendre à une déferlante de riffs furieux et rugueux. Dans les faits, il n'en n'est rien puisque Battle Beast a choisi de se montrer plus subtil qu'un Grave Digger, par exemple, et montrer une facette plus "mainstream" que par le passé. Ça riff sec mais ça riff avec clarté et une volonté de maîtriser les nombreuses mélodies pop ici dévoilées ("Familiar Hell"). Sur ce point, rien à dire. En revanche, les fans de la première heure pourraient être dubitatif sur la volonté du groupe d'intégrer des cordes disco et divers gimmick funky ou prog-rock qui pourrait faire penser à une collaboration avec nos Justice français ("King For a Day"). Why not ? Après tout, ce type de mélange était en vogue dans les années 80 même s'il n'est plus vraiment d'actualité aujourd'hui. En tout cas, cela part d'une volonté du groupe d'élargir son spectre musical, de trouver des pistes originales, de renouveler un langage sonore et, par la même occasion, d'agrandir son rayonnement, son audience. En même temps, on pourrait dire que Battle Beast se cherche un peu depuis le départ de son leader et principal compositeur : le guitariste et producteur Anton Kabanen. Néanmoins, certaines fois, la mayonnaise prend ("Straight To The Heart", "Bastard Son Of Odin"...) alors qu'à d'autres moments, le résultat est plus mitigé ("Dancing With The Beast"), voire convenu ("Lost In Wars"). Vous voilà prévenu...

Elvira Santa

Battle Beast, Bringer Of Pain (Nuclear Blast-Pias)
Sortie le 17 février 2017

Battle Beast, King For A Day, official video


21.1.17

Ranger, Storm Of Power, official video

On peut sans cesse être étonné du nombre de groupes actuels qui ne passent pas dans les radars de la presse spécialisée française. Les finlandais de Ranger font parti de cette catégorie et pourtant, leur nouvel album sortie sur Spinefarm Records, "Speed & Violence", oeuvre dans une veine des plus old school et ne manque pas d'intérêt. Dimitri “Dimi” Pontiac (chant et basse), Mikael Haavisto (guitare), Ville Valtonen (guitare) et Miko Sipilä (batterie) sont de vrais cinglés de metal et ils le montrent parfaitement dans cette vidéo qui fonce à cent à l'heure. Comme un bon vieux Agent Steel ou un Exciter des familles qui auraient bu un breuvage pour rajeunir. Ranger fonce pied au plancher sans trop se poser de question et on aime ça !

DZ

Ranger, Speed & Violence (Spinefarm Records)
Sortie le 2 décembre 2015

www.fb.com/rangerheavymetal

Ranger, Storm Of Power, official video